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Un simple dessert de confinement, et tout à coup, un jury entier d’investisseurs qui se bat pour y entrer. L’histoire de La Tiramisserie dans « Qui veut être mon associé ? » ressemble un peu à un conte moderne. Sauf qu’ici, tout est vrai, très concret, et incroyablement inspirant.
Tout commence à Grenoble, pendant la crise du Covid-19. Confinée, loin de sa famille, Tracy Sadoun, alors étudiante en école de commerce, passe ses journées… dans sa cuisine. Son refuge, c’est le tiramisu. Un dessert simple, très familial, qui revient à chaque grande occasion.
Autour d’elle, les retours sont unanimes. Ses tiramisus sont si bons que l’on commence à lui répéter qu’elle devrait les vendre. À ce moment-là, personne n’a vraiment transformé ce dessert en une expérience chic et moderne. Elle sent qu’il y a une place à prendre. Elle fait des tests sur des plateformes de livraison. Les commandes arrivent vite. Très vite.
Pendant environ six mois, Tracy travaille de chez elle. Elle affine ses recettes, ses parfums, son organisation. Puis elle passe à l’étape suivante : une dark kitchen. Une cuisine professionnelle sans salle de restaurant, dédiée à la livraison. Le concept plaît. Les ventes suivent.
En juin 2024, une nouvelle marche est franchie. Elle ouvre sa première boutique physique à Paris. En vitrine, une dizaine de parfums de tiramisu, des parts individuelles et des formats à partager. En seulement six mois, La Tiramisserie réalise environ 800 000 euros de chiffre d’affaires, avec une marge moyenne annoncée d’environ 70 %. Pour une entreprise aussi jeune, c’est impressionnant.
Avec ces chiffres, l’entrée sur le plateau de « Qui veut être mon associé ? » ne passe pas inaperçue. Ce jour-là, Tracy vient chercher des fonds, mais aussi un accompagnement stratégique. Sa demande est claire : 180 000 euros pour 10 % de sa société.
Le jury est séduit par l’énergie, par les résultats déjà obtenus et par le potentiel du concept. Et là, quelque chose de rare se produit : plusieurs investisseurs veulent entrer dans La Tiramisserie. Ils commencent à surenchérir pour se démarquer.
La première à se positionner au-delà de la demande initiale, c’est Kelly Massol. Elle propose 230 000 euros. Un signal fort. Jonathan Anguelov s’aligne ensuite sur ce montant. Puis c’est au tour d’Éric Larchevêque de monter encore plus haut, à 300 000 euros pour 15 % du capital.
Trois offres, toutes supérieures à la demande de départ. Ce n’est pas juste un coup de cœur. C’est un signe clair que le marché du dessert à emporter, revisité, intéresse au plus haut point. Et que La Tiramisserie a déjà prouvé quelque chose que beaucoup de projets n’ont pas encore : sa capacité à vendre et à scaler.
Avec plusieurs offres sur la table, Tracy doit choisir. Elle décide finalement de s’associer avec Jonathan Anguelov. La raison est stratégique. La Tiramisserie veut ouvrir de nouveaux points de vente, en France puis à l’international. Or, l’expertise de Jonathan dans l’immobilier commercial et le développement de réseaux est un atout majeur.
La vision est claire : multiplier les boutiques en propre, puis développer un réseau de franchises. Tracy indique déjà avoir ouvert une deuxième boutique à Paris, dès juin, et vise l’ouverture d’une dizaine d’adresses en France avant d’accélérer avec la franchise. Pour elle, il faut aller vite. Les bars à tiramisu se multiplient. La concurrence s’organise. Celui qui prend de l’avance maintenant gardera une longueur d’avance demain.
À ce stade, La Tiramisserie, ce n’est plus seulement une idée née dans une cuisine d’étudiante. C’est une entreprise qui emploie déjà six salariés. Le chiffre d’affaires se situe autour de 1,2 million d’euros, avec un potentiel de croissance encore très important.
Tracy anticipe l’effet médiatique de l’émission. Elle ne veut pas être dépassée par le succès. Avant la diffusion, elle se prépare. Elle recrute un nouveau pâtissier, un vendeur. Elle commande des grosses quantités de packaging. Elle sait que le passage télé peut provoquer un afflux massif de commandes. Elle se donne les moyens d’absorber ce pic sans décevoir les clients.
L’aventure de La Tiramisserie montre qu’un dessert très connu peut être totalement réinventé. Il ne s’agit pas de créer quelque chose d’exotique ou d’ultra-technique. Elle part d’un classique rassurant, profondément associé à la convivialité familiale. Puis elle le transforme en produit premium, instagrammable, moderne, facile à emporter et à partager.
Cette histoire rappelle aussi qu’un projet culinaire ne tient pas seulement au goût. Il repose aussi sur un positionnement clair, une marge maîtrisée, une capacité à se déployer sur plusieurs points de vente, et une bonne lecture des tendances. La Tiramisserie coche beaucoup de ces cases.
Si cette success-story vous donne envie de vous mettre aux fourneaux, voici une recette de base de tiramisu, simple et efficace. Ce ne sera pas celui de La Tiramisserie, bien sûr. Mais ce sera déjà un très bon point de départ pour comprendre pourquoi ce dessert peut rendre tout le monde accro.
En testant cette base, vous verrez vite à quel point le tiramisu est un terrain de jeu infini. Vous pouvez remplacer le café par un coulis de fruits, ajouter du praliné, de la pistache, des éclats de biscuits, jouer avec la présentation. C’est d’ailleurs en poussant ce genre de variations qu’un simple dessert peut devenir un concept.
L’histoire de La Tiramisserie le prouve : parfois, une idée très simple, très quotidienne, peut changer d’échelle dès qu’on y ajoute une vision, une exigence de qualité et un peu d’audace. À vous, maintenant, de voir ce que vous ferez de votre prochaine envie de dessert.