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Vous avez envie d’un dessert qui sent bon la Bretagne, le beurre salé et les goûters chez grand-mère ? Un gâteau tout simple, sans chichi, mais qui fond en bouche et laisse une croûte bien dorée ? Le far breton nature, bien moelleux, c’est exactement cela. Et avec une ou deux astuces, vous pouvez vraiment obtenir un far « le plus fondant du monde » à la maison.
En Bretagne, le far breton nature, c’est presque un rituel. Pas besoin de pruneaux, ni d’alcool, ni de décor compliqué. Juste une pâte proche d’un flan, un bon beurre salé, et une cuisson bien maîtrisée. C’est ce qui donne ce contraste incroyable entre les bords caramélisés et le cœur fondant.
Ce dessert ne joue pas la carte de la sophistication. Il joue celle du réconfort. Une odeur de lait chaud qui emplit la cuisine, une texture souple qui tremble légèrement quand on secoue le plat, et ce parfum de beurre qui se mêle à la vanille. Un vrai gâteau de famille, qui se partage encore tiède, à même le plat.
Vous allez voir, tout se trouve souvent déjà dans vos placards. Pas besoin de matériel spécial, juste un saladier, un fouet et un plat à four.
Pour un far breton de environ 6 à 8 parts, il vous faut :
Si vous n’avez que du beurre doux, ajoutez 1/2 cuillère à café de sel fin dans la pâte. Mais pour retrouver le vrai goût breton, le beurre salé reste la meilleure option.
Ce qui change tout, ce n’est pas seulement la liste d’ingrédients. C’est la façon de les assembler, et surtout la cuisson. Le principe est simple : on verse la pâte sur du beurre très chaud. Le beurre remonte alors sur les côtés et crée une croûte dorée, presque caramélisée.
Préchauffez votre four à 230 °C (chaleur traditionnelle de préférence). Prenez un plat à gratin ou un plat à four d’environ 25 × 20 cm. Découpez 50 g de beurre salé en petits morceaux et déposez-les au fond du plat.
Glissez le plat dans le four pendant quelques minutes. Surveillez : le beurre doit fondre, mousser un peu, puis prendre une légère couleur noisette, sans brûler. Cette étape va parfumer le far et donner ce goût de beurre légèrement caramélisé si typique.
Pendant que le beurre chauffe, versez dans un grand saladier 200 g de farine, 200 g de sucre et les 2 sachets de sucre vanillé. Mélangez rapidement à la cuillère ou au fouet pour répartir les poudres.
Ajoutez ensuite les 4 œufs, un par un. Fouettez bien après chaque ajout pour obtenir une pâte déjà assez homogène. Puis versez le lait entier en deux fois. La première moitié, en fouettant pour détendre la pâte. Puis la seconde moitié, jusqu’à obtenir un mélange fluide, sans grumeaux, de la consistance d’une pâte à crêpes un peu épaisse.
Quand le beurre du plat est bien chaud et légèrement coloré, sortez le plat du four en faisant attention aux éclaboussures. Versez la pâte immédiatement dans le beurre très chaud. Vous allez voir le beurre remonter sur les bords et se mêler à la pâte, c’est exactement ce que l’on veut.
Baissez aussitôt la température du four à 210 °C, puis remettez le plat à cuire pour environ 30 minutes. Le far doit gonfler un peu, dorer sur le dessus, et rester souple au centre. Si le dessus colore trop vite, vous pouvez couvrir légèrement d’une feuille de papier cuisson en fin de cuisson.
C’est un peu comme pour un flan. Quand vous secouez doucement le plat, le centre doit encore trembler légèrement, mais pas comme du lait. Si vous plantez la lame d’un couteau au milieu, elle doit ressortir avec quelques traces de crème, mais pas liquide.
En refroidissant, le far va se tasser un peu et se raffermir. C’est normal. Ce léger affaissement au centre est même souvent le signe d’une texture bien fondante à l’intérieur.
Vous pouvez servir le far tiède, environ 20 à 30 minutes après la sortie du four. Il sera encore très moelleux, presque crémeux, avec un parfum de beurre incroyable. Découpez-le en gros carrés, servez-le simplement, sans rien autour.
Froid, après quelques heures au réfrigérateur, la texture devient plus ferme, plus proche d’un flan compact. Certaines personnes préfèrent ainsi. D’autres adorent ce contraste : croûte caramélisée froide, cœur tendre, avec un léger goût salé qui ressort davantage.
Pour rester dans l’esprit breton, accompagnez-le d’un verre de cidre brut bien frais, ou d’un bol de thé bien chaud. C’est tout simple, mais cela fait tout de suite goûter du dimanche.
Ce far breton au beurre salé n’est pas seulement une recette. C’est un geste que l’on répète de génération en génération. On change parfois de four, parfois de plat, mais la base reste la même. Quelques ingrédients du quotidien, un peu de temps, et beaucoup de tendresse.
En le préparant, vous retrouvez peut-être des souvenirs de cuisine avec une grand-mère, une tante, une voisine. Un torchon posé sur l’épaule, un plat encore brûlant posé au milieu de la table, des parts coupées un peu au hasard, mais toujours généreuses. Et à chaque bouchée, ce petit goût de Bretagne qui ne vieillit pas.
Essayez cette version nature, très simple, au beurre salé. Puis gardez-la précieusement dans votre carnet de recettes. Il y a de fortes chances qu’elle devienne, chez vous aussi, « le far de grand-mère qu’il ne faut surtout pas rater ».