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L’hiver arrive, le jardin se vide… et soudain, ce sont les oiseaux qui apportent de la vie et du mouvement. Vous les voyez fouiller les haies, inspecter le moindre recoin pour trouver de quoi tenir jusqu’au lendemain. En leur offrant un coup de pouce, vous pouvez vraiment faire la différence, à condition de le faire correctement. Voici un guide simple, pratique et rassurant pour nourrir les oiseaux en hiver sans les mettre en danger.
On a parfois envie de sortir les graines dès les premiers matins frais. Pourtant, il vaut mieux réserver le nourrissage des oiseaux aux périodes les plus difficiles pour eux.
Les associations de protection de la nature recommandent de nourrir surtout :
En dehors de cette période, la nature offre déjà insectes, baies et petites graines. Les oiseaux savent très bien les trouver. Continuer à les nourrir au printemps peut créer une dépendance, surtout pour les jeunes qui doivent apprendre à chercher leur nourriture par eux-mêmes.
Autre point important : dans certaines communes, le nourrissage dans l’espace public est limité ou interdit pour éviter les surpopulations de pigeons. Si vous avez un balcon ou un jardin privé, vérifiez le règlement de copropriété ou les arrêtés municipaux avant d’installer quoi que ce soit.
Pour passer la nuit sans geler, les oiseaux doivent stocker beaucoup d’énergie pendant la journée. Ils ont donc besoin d’une nourriture très riche. Pas n’importe laquelle, et surtout pas les restes de table.
Voici une base simple et efficace pour un mélange de graines d’hiver (pour 1 kg) :
Vous pouvez aussi proposer, en petites quantités :
Les filets sont à éviter car les oiseaux peuvent s’y coincer les pattes ou les griffes. Placez plutôt la graisse dans un porte-boules ou une petite coupelle sous un abri.
Certains aliments nous semblent anodins, mais sont très mauvais pour le système digestif des oiseaux. Il faut absolument bannir :
Même si l’envie est forte de « partager » vos repas avec eux, gardez en tête que leur organisme n’est pas le vôtre. Un oiseau pèse parfois moins qu’une lettre, il supporte très mal l’excès de sel, de sucre ou de gras transformé.
Le type de mangeoire joue un rôle crucial. Bien choisie, elle limite le gaspillage, protège la nourriture et réduit les risques de maladie.
Si vous le pouvez, installez plusieurs postes de nourrissage, un peu espacés. Cela réduit la concurrence entre espèces et limite les bagarres, surtout quand les ressources sont rares.
Pour limiter les risques, essayez de respecter ces quelques règles simples :
Ne répandez pas de graines directement sur le sol. Elles se dégradent très vite, attirent les rongeurs et deviennent une source de contamination pour les oiseaux qui viennent en groupe.
On l’oublie souvent, mais l’eau est aussi importante que la nourriture. Avec un régime très riche en graines, les oiseaux ont besoin de boire régulièrement.
Vous pouvez installer un petit abreuvoir simple :
L’hiver, l’eau gèle vite. Il suffit de la remplacer, sans ajouter de sel ni d’alcool. Un petit caillou au centre permet aux oiseaux de se percher sans se mouiller entièrement.
Quand plusieurs oiseaux se retrouvent au même endroit, les virus et bactéries circulent plus facilement. Un entretien régulier de vos installations est indispensable.
Pour garder des mangeoires propres, vous pouvez :
Si vous observez des oiseaux apathiques, hérissés, ou avec des plaies visibles, mieux vaut arrêter le nourrissage quelques jours et nettoyer soigneusement tout le matériel. Cela laisse le temps aux agents pathogènes de diminuer.
Les chats domestiques tuent chaque année un nombre impressionnant de petits oiseaux. Vous ne contrôlez pas tous les félins du quartier, mais vous pouvez réduire les risques autour de chez vous.
Les rapaces, comme l’épervier, peuvent aussi profiter de la concentration d’oiseaux. C’est normal dans un écosystème. Mais en laissant un espace dégagé, vous donnez aux petits visiteurs plus de chances de voir venir le danger.
Nourrir les oiseaux n’est pas seulement un geste de solidarité. C’est aussi une occasion de ralentir un peu, de regarder, de reconnaître, de s’étonner.
En quelques jours, vous verrez sans doute apparaître :
Vous pouvez noter dans un carnet les espèces observées, l’heure, la météo. Certaines associations organisent chaque année des comptages participatifs des oiseaux des jardins. Une heure à la fenêtre suffit pour contribuer à des études scientifiques sur l’état des populations en France.
En nourrissant les oiseaux l’hiver, vous ne sauvez pas tout le monde, c’est vrai. Mais vous offrez un refuge, un point sûr, une chance de plus. Et en retour, vous gagnez un spectacle quotidien, simple, silencieux, qui rend la saison froide un peu plus douce.